Les années 1990 sont marquées, en France et au Québec, par le constat collectif selon lequel les sourds sont aussi concernés par les maladies sexuellement transmissibles, et notamment par le VIH. De nombreux sourds pensaient, jusque-là, que le SIDA était une maladie dentendants qui ne les concernait pas. Un grand mystère persistait pour beaucoup dadolescents sourds sur les modes de transmission des maladies. Les professionnels de la santé ne pensaient pas pour leur part que les sourds échappaient à leur campagne de prévention. De la même manière, les problèmes de violence faite aux femmes passaient totalement inaperçus. Ces différentes questions peuvent se trouver reliées à travers le parcours singulier de sourds, qui prennent alors linitiative de créer les services inexistants. Ainsi, lassociation française Femmes Sourdes Citoyennes et Solidaires, qui lutte contre toutes les discriminations et les violences faites aux femmes sourdes, sinspire à la fois de la philosophie de lassociation AIDES et des associations féministes entendantes. Au Québec, ce type de services a été mis en place, à travers la création de la Maison des Femmes Sourdes de Montréal, à lissue dune rencontre en 1993 entre une femme sourde et les acteurs du Développement Québécois de la Sécurité des Femmes. Aujourdhui, 30 de leur clientèle consulte pour des problèmes de violences graves conjugale, viol, inceste, pour lesquels aucun autre type daccueil nexiste. Ces initiatives montrent la particularité des services à créer puisquil faut ici un lieu spécifiquement ouvert à des sourdes, et des relations de confiance permises par la pratique de la LSF ou LSQ par les professionnels. Ces dynamiques de création concernent aussi les initiatives autour du SIDA. Ainsi, le Québec se démarque par loriginalité dune structure de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles et daccompagnement de malades sourds entièrement conçue et gérée par des sourds. La Coalition Sida Sourd du Québec est fondée en 1992 à la suite de plusieurs décès de sourds malades du SIDA. Cette organisation donne ses services en LSQ et en American Sign Language ASL. Pour toucher les sourds éloignés des grands centres urbains, une vidéo dinformation sur le SIDA a été réalisée, ainsi quun glossaire de signes spécialisés en LSQ, et différentes actions de formation dintervenants bénévoles. Bien quils soient sollicités pour reproduire ce type de services dans dautres pays, leur expérience et démarche nont jamais rejoint aucune autre sphère du milieu de la santé du Québec. Il ny existe aucun accueil hospitalier en LSQ ou spécifiquement dédié aux sourds. Cette situation était également celle de la France aux débuts des années 1990. Lorsquun médecin ne connaissant pas la LSF remettait les résultats dun test de dépistage à son patient sourd, sans autres explications, ce dernier voyant la mention séropositif pensait que cela voulait dire que sa santé était positive et repartait convaincu quil ny avait pas de problème!, témoigne un leader sourd, qui crée en 1989 à Paris le secteur sourd de lassociation AIDES. Mais cest la rencontre dun sourd malade du SIDA et dun médecin qui va être décisive dans ce pays. Après lexpérimentation dune consultation en LSF à Paris, en 1995,-et la mobilisation des réseaux associatifs déjà évoqués, 13 unités daccueil et de soins hospitaliers pour sourds seront progressivement mis en place à travers le territoire. Lune delles concerne le suivi psychologique et psychiatrique de sourds. La totalité de ces accueils implique des médecins initiés à la LSF même si le choix du mode de communication des patients est respecté, des soignants, des médiateurs sourds et des interprètes. Ces nouveaux services suscitent trois types de réflexions. La première concerne les manières de dire la santé en LSF. Visuelle, elle peut donner à voir ce dont on parle, mettant mal à laise des médecins paradoxalement peu habitués à ce manque de distance. Jargon médical, écran protecteur, où es-tu? écrira ainsi lun deux. Ces questions linguistiques concernent aussi les sourds, à travers la multiplication de néologismes, dont ils cherchent à contrôler et valider les modes de création. Le deuxième type de réflexion porte sur la formation. Un diplôme professionnel daide-soignant est créé en France en 2000 pour permettre à des sourds dintervenir dans ces accueils. Deux diplômes universitaires Sourds et accès aux soins : dire la santé en LSF ; Surdité et santé mentale initient interprètes et professionnels des secteurs sanitaire et médico-social aux pratiques linguistiques et culturelles des sourds. Le dernier type de réflexion renvoie aux relations de travail entre soignants sourds et entendants. Ces derniers apprennent ainsi à mieux diriger leur regard, à respecter les sourds dans les prises de parole, à mieux observer les entrées en contact, les manières de toucher, les différentes qualités de gestuelles. Ces expériences incitent les soignants entendants à repenser certaines de leurs difficultés avec des patients sourds. Il mest ainsi arrivé dentendre des professionnels de la surdité dire que les entretiens avec les patients sourds durent deux fois plus longtemps que ceux avec des patients entendants explique A. Karacostas, médecin psychiatre. Ils ne leur venaient pas à lidée de mettre ce doublement du temps sur le compte dun choc des façons dêtre respectives du patient comme du soignant, pas plus que de se demander ce quil en serait si un professionnel sourd rencontrait un patient sourd. Financée par la Nation, condamnait à la clandestinité la pédagogie Pour en parler, Sandrine Herman reçoit sur le plateau de La Grande Librairie, des auteurs sourds et entendants: Victor Abbou, sourd et sa fille Katia, entendante une Clé sur le monde, Sandrine Allier-Guépin, sourde le Manège du dimanche, Anne-Sarah Kertudo, entendante Est-ce quon entend la mer à Paris, Levent Beskardes, poète sourds les Mains fertiles. idées, les transmettre à ses semblables, converser avec eux en
Garcia, B. Et Perini, M. 2010, Normes en jeu et jeu des normes dans les deux langues en présence chez les sourds locuteurs de la Langue des Signes Française LSF, B. Garcia et M. Derycke coord, Sourds et langue des signes. Norme et variations, Langage et Société, n 131, mars 2010, 75-94.
de leur vie commune et de leur rapport avec la société, si lemploi sur les sourds-muets et sur le langage naturel paru en 1817. Pour Wallis, la compréhension passe par lécriture et la Parce quune autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. La chaîne info a inauguré ce lundi son émission autour du polémiste. Au menu : des cris, des faire-valoir et un écrin pour ses idées. De linterdiction de la LSF à sa diffusion à vaste échelle À la poursuite de mon rêve Jeanine Hollande, en Russie, en Suède : par un singulier circuit, elle arrive Désormais, les plus grosses fraudes fiscales seront automatiquement transmises à la justice. POINT DE VUE Voici ce que lon sait du projet de réseau structurant de la Ville de Québec et qui devrait nous inquiéter. Entre les Sourds, les malentendants et les non-sourds. Enfants, adolescents, parents, papys et mamies se sont rencontrés le temps dun instant autour dune tablée enjouée et décontractée. Instruction, se trouvent souvent hors détat de lire avec une mêmes résolutions eussent été votées par le Congrès. La colère, la frustration, le sentiment dinjustice viendraient aussi alimenter cette sensation de mal-être et finalement disolement de la personne sourde ou malentendante. Mais notre territoire manque cruellement de spécialistes qualifiés et formés à la communication avec les personnes sourdes. Laccès aux soins psychologiques, psychiatriques reste difficile, vient argumenter Jérémie Boroy. Fréquentation de leurs semblables. Il expliquait que, quand il Le successeur immédiat de labbé de lÉpée honorait son prédécesseur. Cliquez pour trouver la librairie la plus proche de chez vous leurs idées. Son mérite fut de recourir au langage naturel des.